mercredi 28 juillet 2010

De l'esthétique à l'éthique

« Mon dilemme ne signifie surtout pas le choix entre le bien et le mal ; il désigne le choix par lequel on exclut ou choisit le bien et le mal. Il s'agit ici de savoir sous quelles catégories on veut considérer toute la vie et vivre soi-même. Il est bien vrai qu'en choisissant le bien et le mal, on choisit le bien, mais cela n'apparaît que par la suite ; car l'esthétique n'est pas le mal, mais l'indifférence, et c'est pourquoi j'ai dit que l'éthique constitue le choix. Il ne s'agit donc pas tant de choisir entre vouloir le bien ou le mal que de choisir le vouloir, par quoi encore le bien et le mal se trouvent posés. En choisissant l'éthique, on choisit le bien ; mais le bien est ici complètement abstrait, son être est par là simplement posé et il n'en résulte nullement qu'en choisissant l'on ne puisse encore opter pour le mal, quoiqu'on ait opté pour le bien. Tu vois encore ici combien il importe d'opérer le choix, et qu'il s'agit moins de la délibération que du baptême de la volonté qu'elle introduit celle-ci dans l'ordre éthique. Plus le temps passe, plus il devient difficile de choisir ; car l'âme est toujours engagée dans l'un des termes du dilemme, et il est par suite de plus en plus difficile de se dégager. Cette condition est pourtant nécessaire pour que le choix soit effectué (...) » (S. Kierkegaard, Ou bien... ou bien)

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